Les fermes marines du soleil – ITV de Philippe Balma DGA 

 Difficile d’imaginer tout l’écosystème qui vit dans cette usine située sur le port de Sète – Frontignan. Pourtant, Les fermes marines du soleil y produisent des quantités importantes d’alevins de poissons depuis 2015. Son directeur général adjoint, Philippe Balma, prône une aquaculture durable et responsable en milieu naturel. Et l’entreprise est leader européen en la matière. En alliant innovation et performance, Les fermes marines du soleil ont su conjuguer réussite économique, développement de nouvelles technologies et respect de l’environnement. Rencontre avec Philippe Balma, un homme de terrain qui ne vit que pour et avec la mer.

Vous dirigez une nurserie de poissons, dites-nous en plus.

Les fermes marines du soleil, dont le siège est basé à Balaruc depuis 1976, produisent des alevins de poissons marins. Sur le port de Frontignan, nous sommes installés depuis 2015. Nous élevons trois espèces : daurades royales, loups et maigres que nous exportons majoritairement dans des élevages en pleine mer.

Pourquoi exporter plutôt que de garder les alevins pour une production nationale ?

Parce que plus le milieu est chaud, plus les poissons grandissent vite. Nous exportons donc dans toute la Méditerranée à l’exception de la Libye et la Turquie. Nous avons un commercial par pays, en Afrique du Nord, en Grèce, en Croatie, en Italie… Et bientôt, en Afrique du Sud. Notre objectif est que les produits que nous exportons soient consommés localement.

Vous vous êtes clairement engagés dans une aquaculture durable et responsable. En quoi cela consiste-t-il ?

Oui, c’est une démarche et une spécificité que nous essayons de mettre en avant. Toutes nos unités de production sont en circuit recirculé. Cela nous permet de traiter l’eau et nos rejets  en évitant au maximum de la prélever dans le milieu naturel et d’économiser de l’énergie.

Mais ce qui nous démarque véritablement, c’est d’exporter tous nos alevins par voie maritime.

Pourquoi par voie maritime ?

Pour le respect des alevins. À aucun stade de la chaîne de production, ils ne quittent l’eau. Nous avons la chance d’avoir l’usine juste à côté de la mer. Dès qu’ils sont prêts à être exportés, nous les faisons passer par des canalisations souterraines et ils arrivent directement dans le bateau. Nous sommes trois ou quatre dans le monde à opérer de la sorte. Cette pratique « de bord à quai » nous permet d’éviter le recours à huit semi-remorques ! L’impact sur le bien-être de l’animal, le coût et le développement durable sont notoires et dans le respect de  nos valeurs.

Vous les chouchoutez ces alevins…. Comment sont-ils élevés ?

Chaque espèce dispose de son propre bassin. Nous en avons 24 au total qui contiennent entre 200 000 et 500 000 poissons. Nous prenons en compte leur comportement.  La dorade, par exemple, aime vivre en collectivité. Le loup a besoin de plus d’espace et le maigre deux fois moins. Nous mesurons chaque jour la température de l’eau, sa salinité et son taux de PH. Nous traitons l’eau sans produit chimique grâce à une bactérie qui détruit l’ammoniaque et épure l’eau naturellement C’est grâce à cette qualité de l’eau irréprochable et sans pathogène que nos productions sont excellentes.

. Nous calculons également leur poids et nous les trions tous les 15 jours – trois semaines.

Pourquoi les trier ? Comment ?

Parce qu’à partir d’un certain poids, les gros mangent les petits ! Nous veillons donc à la qualité des poissons par un système de triage manuel et de comptage optique. C’est regrettable, mais, comme pour les fruits et légumes, ceux qui n’ont pas un bon aspect ne se vendent pas. Dès leur naissance, dix personnes les surveillent donc au plus près. Certains peuvent avoir une malformation comme une scoliose ou un bec de lièvre. Nous leur faisons passer des radios par transparence grâce à du matériel qui provient du Danemark, de la Finlande ou la Norvège. Nous sommes épaulés pour ce faire par la société Bio UV, nous envoyons également chaque jour des analyses au laboratoire sur le site de Balaruc ou vers nos prestataires externes locaux. Nous sommes en lien direct avec l’Ifremer. Enfin, nous pratiquons la sélection génétique.

Les fermes marines du soleil sont donc une sacrée équipe !

Oui, nous disposons d’un service qualité, de biologistes, d’ouvriers aquacoles, de dockers, d’ingénieurs agronomes. Nous accueillons également de nombreux étudiants en BTS/alternance.

Et la recette semble fonctionner…

Oui nous affichons un chiffre d’affaires d’une vingtaine de millions d’euros. Nous sommes parmi les trois premiers leaders éleveurs en Europe.

Quelles sont vos perspectives d’évolution ?

Nous souhaitons développer notre activité et le transport maritime. Nous sommes bien implantés sur le bassin de Thau et en Occitanie car l’écosystème est favorable. Nous avons une parcelle d’un hectare de bord à quai réservée à nos activités aquacoles, nous sommes soutenus par la Région, le Département et Sète Agglopôle Méditerranée

Est-ce un territoire attractif ?

Évidemment. Nous avons une qualité de vie exceptionnelle, une proximité indispensable avec la mer et les gens s’installent ici pour ces raisons. Nombre d’ingénieurs agronomes ou de biologistes sont prompts à venir chez nous pour pratiquer l’aquaculture marine sans avoir besoin d’aller à l’étranger. Les feux sont au vert pour nous.

Que pensez-vous de l’agence Blue invest in Sète Cap d’Agde Méditerranée et de ses actions en faveur de l’attractivité économique ?

S’installer ici en aquaculture marine est complexe. Nous attendions un guichet unique pour nous accompagner dans les démarches liées à l’installation. L’agence Blue nous permet de cibler nos interlocuteurs et de trouver le foncier disponible en lien avec les collectivités territoriales. C’est un énorme avantage pour les entreprises en devenir !

 

 

 

 

 

 

 

 

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