L’AO10 change la donne pour le littoral héraultais

L’État a publié le 12 juin 2026 le cahier des charges de l’Appel d’Offres n°10 (AO10), qui porte sur le déploiement d’environ 10 GW de capacités éoliennes en mer à l’échelle nationale. Sur ce total, 3,2 GW concernent la Méditerranée française, dont 2,7 GW au large du littoral héraultais, à plus de 30 km des côtes.

À terme, ce sont plus de 150 éoliennes flottantes de nouvelle génération qui pourraient être installées, pour un investissement estimé à plus de 10 milliards d’euros. Le gros du déploiement est attendu au cours de la décennie 2030.

Un calendrier resserré

  • 12 juin 2026 : publication du cahier des charges
  • 12 octobre 2026 : remise des offres par les candidats
  • 1er trimestre 2027 : désignation des lauréats
  • À partir de 2033 : début prévisionnel de l’installation des parcs

Un changement d’échelle par rapport à l’AO6

L’AO6, attribué en décembre 2024 au consortium Ocean Winds / Banque des Territoires (projet EFLO), porte sur un parc d’environ 250 MW au large du sud-héraultais, soit 19 éoliennes au maximum avec une mise en service visée en 2032 au plus tôt.

Avec 2,7 GW prévus au large du littoral héraultais, l’AO10 représente une puissance près de onze fois supérieure à celle de l’AO6. Deux zones sont concernées : Narbonnaise Sud Hérault 2 (0,5 GW) et Golfe du Lion Centre (2,2 GW).

La réussite de ces projets, comme celle de l’EFLO avant eux, dépendra largement de décisions industrielles, partenariats, choix de sous-traitants, organisation logistique, implantations qui devront être engagées dès l’automne 2026.

La Méditerranée, futur laboratoire mondial de l’éolien flottant

Contrairement à l’éolien posé, fixé sur le fond marin, les éoliennes flottantes permettent d’exploiter des zones plus profondes et plus éloignées des côtes, où les conditions de vent sont souvent plus favorables. Chaque éolienne est assemblée sur un flotteur pouvant peser plusieurs milliers de tonnes, maintenu par des systèmes d’ancrage.

Alors que plusieurs milliers d’éoliennes posées sont déjà en exploitation dans le monde, seules quelques dizaines d’éoliennes flottantes sont actuellement en service, dont 9 en Méditerranée française. Les projets issus de l’AO6 et de l’AO10 positionnent donc la région parmi les tout premiers territoires à connaître un déploiement massif de cette technologie.

Quelles opportunités pour Sète Agglopôle Méditerranée ?

Si l’assemblage des flotteurs et la construction lourde devraient rester concentrés à Port-la-Nouvelle et Fos-sur-Mer, les retombées économiques de l’éolien flottant s’étendent bien au-delà de ces deux sites.

Grâce à sa proximité avec les futures zones de déploiement, le port de Sète dispose d’atouts réels pour accueillir des fonctions de base arrière : préparation des systèmes d’ancrage, fabrication de sous-composants, logistique maritime, maintenance. Plus largement, ces projets généreront des besoins en ingénierie, formation, transport maritime, hébergement et services aux entreprises, autant de secteurs où les entreprises du territoire peuvent se positionner.

Une journée dédiée le 9 octobre 2026

Pour sensibiliser le tissu économique et les institutions du littoral héraultais à ces enjeux, Blue Invest organise le 9 octobre 2026 une journée consacrée à l’éolien flottant en Méditerranée, avec l’appui de la Région Occitanie, d’Ocean Winds et en lien avec le Port de Sète.

Au programme :

  • une table ronde avec les principaux acteurs de la filière, pour présenter les projets, leur calendrier et les opportunités économiques associées ;
  • une sortie en mer pour découvrir l’une des fermes pilotes actuellement déployées au large de Port-la-Nouvelle.

 

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Crédit : Projets EFGL